On m’a parfois dit que j’étais digne du flegme anglais de mes gènes. Pour l’instant, c’est surtout, malheureusement, le fait d’avoir la flemme qui caractérise mes journées, flammes alumettes brûlant vite au son des heures, qui s’écorchent, filent amères, dans le ciel bleu de ma fenêtre. Je retourne à Toulouse samedi, après cette longue parenthèse familiale… au final, je me sens mieux là-bas, plus apte à travailler, dans l’univers clos de la prépa. Les mondes ici se bloquent, s’écartent, des milliers d’étoiles en pensée s’évadent, sans jamais se rencontrer sur le papier… au contraire de mes réflexions que je sème entre une version de latin et une recherche pour le français, dans mon appartement aux murs blancs cassés, dont je peux comme une toile marquer le territoire de mes idées… sensation étrange que de préférer se retrouver loin de chez soi. Peut-être parce que le goût de l’enfance y est encore trop présent. Peut-être tout simplement parce que la tentation est trop grande d’aligner ses doigts sur un clavier pour faire part de ses états d’âme en somme bien futiles au lieu de travailler… Même si, je le sais, ce que j’écris à l’instant n’a aucune valeur, j’observe du coin de l’oeil l’heure… pensant à ces années qui comme sur une palette se dissocient et se mélangent pour former des couleurs, là, entre le ciel bleu et le vert des yeux, couleurs là qui changent, qui chantent… la vie, comédie en draps bleus, tragédie en soie rouge… Et les yeux qui se ferment devant un tel trouble.
Réveil: le narrateur a du latin à faire… Cela lui permettra peut-être, un jour, d’arriver à structurer sa pensée pour énoncer son idée de la nuit et du jour, page noire sur blanches amours…