La Cavatine -étoiles d’eau, odes aux étoiles-

De fil en aiguille, InterlignesDecember 30, 2006 2:56 pm

"L’heure de la violence carillonne où meurent et naissent les mots"

Blanche ou l’oubli. Le titre était prédestiné à accompagner mes nuits blanches. Joie et désespoir. Je ne veux pas faire de style. Les mots pour l’instant sont sous silence, en cage oui, ces farfelus oiseaux qui composent le langage. Perdant leurs plumes sur les paupières blanches… de la conscience. Ah, je ne veux pas faire de style, mais la métaphore me poursuit: plumes oui, de l’oreiller, en écho à mes nuits passées, à méditer. Pleurer aussi, sur mes illusions brisées. Il faut de ça pour devenir adulte. Les miroirs aux alouettes - toujours, toujours, oiseau de neige -, se sont ouverts. Ne plus se laisser avoir par les mots qui empoignent, qui enserrent. Un nouveau chemin, ou plutôt, une vision nouvelle, plus vraie, du chemin; et le lien qui m’obsède, faire le lien entre l’éther et le réel. Je suis sortie de ma Caverne. Sereines, les larmes coulent vers la vie, cette rivière au goût amer, au goût de lys. Et je comprends désormais cette obsession des échecs: blanc sur noir, antagonistes, ombre et lumière*. Se mêlant, pourtant, comme ces images de l’Orient: une relation inéluctable, inévitable, pour qui veut prendre conscience. Lier le théorème avec la vie: cela est peut-être encore trop métaphysique, mais c’est pour le moment ce que je me fixe.

"Je n’ai jamais appris à écrire…" disait Aragon. C’est vrai: une vie, ce n’est qu’un apprentissage pour comprendre les illusions. Balzac avait raison.

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* Un homme seul. Tant qu’il va le vent vire le navire, et ne sait l’eau prendre. Tant l’oiseau tient l’air qu’il ne croit mourir. Et tant court le chien que la langue lui tombe. Proverbes se font comme faux bouquets de foins et de fanes. Les bruits sont nombreux où le coeur bat de l’ombre. Ils n’ont ni sang ni sens, à qui n’est qu’absence. Et cherche l’échelle avec ses deux mains… Il n’y a même pas d’ange avec qui lutter. Un homme seul avec ses chimères. Un Docteur Faust au tréfond du silence qui joue une incompréhensible partie de cartes sans partenaire. Atout trèfle.

Interlignes 2:56 pm

Vieil homme, quel tourbillon t’abat, quelle violence du temps sur toi soudain, qui te prend au cou des idées comme un étrangleur, un jeune étrangleur de passage, entre deux trains ? L’heure de la violence carillonne où meurent et naissent les mots. A ce lieu de l’être où le signe et la chose dansent l’un devant l’autre comme sauterelles parlant avec leurs pattes et déjà se modèlent entre l’âme et la lèvre le sens et le son… vieil homme au bout de toi-même traînant l’épave de ta vie après toi… où l’homme est abandonné… je ne sais plus comment, quels mots muets s’enchaînent, quel cri donc, le dernier peut-être, encore à ta bouche monte, que dis-tu, qu’appelles-tu par son nom de fumée, quelle fuite, quel fantôme femme, quel faim fauve, par son nom d’effroi, quelle phrase de feu forme au fond de ta folie… la seule force de… quelle phrase autrefois entendue et qui te revient comme une traîne de robe par l’automne des feuilles… une phrase d’effroi comme une main portée à ton front, une phrase aux confins de vivre, dans un livre ouvert par hasard, à la frontière d’un pays défunt:


Si elle est tombée dans le désert, si elle a dû marcher interminablement dans le paysage lunaire du désert…. d’or et d’argent… avec ces ombres que donne à la pleine lune une face humaine, lorsqu’on la regarde de terre…


Oh, parole qui tourne en moi, parole de qui d’autre, et voilà, quelques mots passés, démembrés d’eux-mêmes, sans liens que ce paysage épars, l’image d’où je vais, le lieu final… cette étendue inhumaine où l’homme est abandonné à la seule force de son âme

est-ce ici, cette chambre où je n’entends plus que le battre assourdi de l’aile des chimères ? Trèfle et carreau, trèfle et carreau… dans un champ de trèfles, sous le ciel des étoiles à trois branches, abandonné comme un trèfle au coeur du champ de chimères, abandonné, comment disiez-vous tantôt ?

il faut reprendre de plus haut, cette étendue inhumaine où l’homme est aband… ah, voilà, abandonné à la seule force de son âme…

Louis Aragon, Blanche ou l’oubli, Troisième Partie, chapitre 1, Un perpétuel mourir

ToilesDecember 28, 2006 11:10 pm

Je te suis, il me file… l’araignée tisse son texte. Redondance rose sur les ongles polis de la rosée d’automne, le soir, sur les feuilles, les tissus qui se vexent, claquement noir, encre qui déverse, initie aux déboires, la blanche page encore vierge. Idée d’universel, dans une seule image: larmes du texte, que j’aime votre regard. Le lecteur dit je te suis à l’auteur, celui-ci réplique: à toi de filer la toile, arachnée , quitte à arracher les voiles impensés de l’écharpe tissée qui t’écharpe le bas du doigt, tandis que vite, tu glisses, et ne pense déjà plus à ma voix initiatrice…

Chanson de toile, chanson de brise

Souffle qui rêve, et puis aspire.

*

Le coeur au bord des lèvres. La nuit qui s’achève. Syllabes impaires Dans le silence fourmilier de l’hiver. Vers, qui ne, mènent pas à une inconnue x ou y, qui ne mènent pas vers… Cercle circonscrit, boule qui s’amenuise, comme ta bouche là, lecteur, qui s’arrondit.

Bulle d’eau dans le zéro de l’infini. Un grillon joue du violon organique sur la colline, et l’homme chagrin, un peu par dépit, beaucoup par désir, lance des rondes de buée, vers les robes bleutées des Ouranées…

Ô lecteur, verse la libation à tes libertés d’interprétation !

InterlignesDecember 27, 2006 6:33 pm

Je voudrais décrire l’oubli hors du langage, comme une place vers le soir, quand il ne fait déjà plus jour et pas tout à fait nuit, et que les clignotants, verts et rouges, ont l’air de chats qui s’éveillent à l’ombre. Dans le plus grand désordre. Si bien qu’on ne sait comment en sortir, déjà se sont effacés les panneaux du sens unique, s’il y avait foule on en suivrait les voitures, mais si tu demeures seul au milieu de ces clins d’yeux ronds… Où mène cette pensée, où débouche cette avenue ? Tu es seul. Les mots te manquent. Des mots pourtant de toi connus, ressassés, archifamiliers, des mots dont toute l’existence tu as fait sans réfléchir usage, qui venaient naturellement sans qu’on les cherche, ou qu’on hésite, machinaux, tout engrenés à ce qui précède, à ce qui suit. L’oubli comme un gant tombé, tu marches dessus sans le voir. L’oubli comme une lèvre bleuie. Un froid soudain dans la conscience d’être. Un égarement de l’oeil intérieur. Une paralysie de la pensée, que sais-je ? Je voudrais décrire l’oubli, n’importe comment, mais l’oubli. Il n’y a rien dans ce moment autant dont j’aie la peur, que de l’oubli. Ne plus savoir son chemin. Ne plus savoir où l’on allait. Ne plus savoir qui l’on voulait voir. Ne plus savoir son nom, son propre nom, qui l’on était, qui l’on est. Une machine à vide tournant. Des pas pour rien. Le sentiment éveillé du rêve. Et maintenant lire l’heure à l’horloge. Ou elle marche, ou elle est arrêtée. Où suis-je et quand suis-je. L’oubli. D’où me vient-il, l’oubli, d’autrui ou de moi-même, d’où me vient-il, ou ne suis-je pas la source de l’oubli ? Rien ne m’est plus ce qu’il fut pour moi. Je regarde ma rue et je ne sais plus dans quelle ville je suis, je regarde ma main comme une étrangère, dans une chambre d’où personne ne songe à me chasser, je dévêts un corps inconnu, un corps d’homme vieilli, marqué, de toutes parts alourdi, qui obéit à ma pensée, et je me tais pour voir s’il va parler à ma place. Ô langue dans la bouche soudain comme un poisson qui s’étonne des parois. Je voudrais décrire l’oubli par tous les mots oubliés. Par les alvéoles qu’ont laissées les mots disparus dans ma bouche. Par l’ombre absente des objets absents. Cette porte qu’on ne peut ni fermer ni ouvrir. Cette fenêtre feinte à la vie ou à la mort suivant ma disposition d’esprit. L’irréparable blessure du temps, la discontinuité de l’âme, ce trou dans la poche, l’oubli.

Louis Aragon, Blanche ou l’oubli, Première Partie - Chapitre VIII, Le S.S.

Hors-catégorie 4:40 pm

Petite transformation au niveau des catégories: comme l’annonçait le précédent article, une petite nouvelle s’est glissée entre les anciennes lignes, pour recueillir les citations, ou plutôt extraits, de romans ou essais qui m’ont touchée et/ou intéressée (en espérant que cela fasse écho, comme un ricochet, sur le lectorat). Les autres catégories font pour l’occasion un changement de toilette: Illustres et moins connus devient Autres araignées (pour continuer, encore et toujours, la métaphore filée), De fil en aiguille ainsi que Toiles écrites bénéficient d’une nouvelle description.  A propos: ai trouvé un écho de ce "titre" dans une page de Blanche ou l’oubli (qui ne va pas tarder à venir remplir les colonnes d’Interlignes, par ailleurs), le paragraphe m’a frappée, je vous le soumets (pour un grain de mémoire destiné à l’oubli): 

On vit de fil en aiguille, de propos en propos… locution, dit Littré, prise du travail de la couturière qui après avoir mis un fil, coud avec l’aiguille, reprend du fil, et ainsi de suite. Un beau jour… le langage ne s’entend pas parler.

Et je viens juste de me rappeler que sur les sites et forums anglophones, les catégories sont appelées "thread", c’est-à-dire, fil

Cette idée de l’incroyable modernité du texte d’Aragon (dont je reparlerai plus en détails par la suite) me poursuit, décidemment… Vivre avec son temps, ou quand poétique fait la maligne avec informatique.

De fil en aiguilleDecember 26, 2006 6:42 pm

'Spleen' au microscope(Excusez le titre pompeux, mais) Ai trouvé, en descendant les échelles de soie, un bas filé, que l’on lit à l’interligne, royaume où les histoires en blanc et en noir s’alignent, par l’intermédiaire des initiales.

Je me risque à m’inspirer un peu de ce style pour quelques messages…(qui seront regroupés sous la catégorie: Interlignes) en ce moment, oui, je préfère laisser la voix à d’autres que moi, pauvre aphone dont les noeuds théoriques me ligaturent la gorge… le sirop de créativité sera, je l’espère, dans quelques temps administré. Par contre, fi donc de l’anonymat (quoique l’idée de ne laisser que les initiales me charme), je préfère laisser une marque sur ces quelques textes… culte du nom, peut-être, où le texte n’est plus seulement couleur des échecs mais couleur fer rouge, intimité lectorale en même temps que, certes, vague anonymat dans ces sphères immenses que l’on nomme littéraires (et cela, parfois pour ne mâcher que du vent, ou plutôt de l’air… marcher dans le vent, feuille à succès… enfin, bref, faisons taire). Ou encore cette déformation quasi-professionnelle de conseiller des noms pas seulement par l’abécédaire.

Quoiqu’il en soit, lire entre les lignes et les étagères revient au même: à chaque fois, quelque chose, un grain de poussière, nous attire (parmi d’autres choses qui nous atterrent !), et puis, voilà, ligature dans la typographie*, fusion, et puis et puis soupir. Pensée, je ne sais trop pourquoi, à Céline (ah, mais, si: le lien est en médecine): la ligature est le lien permettant de panser une plaie: le lit des ratures, lieu où l’écrit à travers celles-ci prend racine.

Je ne sais, ma foi, trop quoi en dire. Si ce n’est qu’il y a aussi, malgré les mélancolies (encore et toujours ce vocabulaire technique de médecine !*), du plaisir.

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* Si le coeur vous en dit, un bon petit article sur les ligatures typographiques: http://fr.wikipedia.org/wiki/Ligature_%28typographie%29

* Mélancolie: du grec μελανχολια (melancholia en latin), bile noire, renvoyant au traité d’Hippocrate, selon lequel le corps serait soumis à quatre humeurs - c’est à dire dans le premier sens liquides - déterminant notre tempérament, notre humeur. (les expressions être sanguin, lymphatique, bilieux -effet de la bile jaune- et mélancolie -effet de la bile noire -découlant ainsi de là). A noter qu’en anglais, le mot spleen désigne la rate… et que pour Hippocrate, c’était justement cet organe qui était responsable du trouble bilieux. - ou quand la rate fait des ratés… - (même si pour Aristote, les caractères mélancoliques étaient l’attribut, selon lui, des grands hommes)

Interlignes 1:30 am

Fermez bien vos portes. J’arrive sans bruit, avec des mains gantées de noir.Je ne suis pas de l’espèce brutale. Ni de l’espèce vorace et stupide.

Sur mes temps* et mes poignets, vous pourriez admirer le dessin délicat des veines, si l’occasion vous en était donnée.

Mais je n’entre dans vos chambres que lorsqu’il est tard, quand le dernier des invités est parti, quand vos lustres hideux sont éteints, quand tout le monde dort.

Fermez bien vos portes. J’arrive sans bruit, avec des mains gantées de noir.

Je ne viens que pour quelques instants, mais tous les soirs sans relâche et dans toutes les maisons sans exception.

Je ne suis pas de l’espèce brutale. Ni de l’espèce vorace et stupide.

Le matin, quand vous vous réveillerez, comptez votre argent, vos bijoux, rien ne manquera.

Rien qu’un jour de votre vie.

Agota Kristof

 

* Erratum: quoique la méprise puisse être productrice de sens, rétablissons le texte à la lettre: sur mes tempes et mes poignets…  

De fil en aiguilleDecember 24, 2006 8:38 pm

Noël, boules qui s’illuminent, bouches qui déglutissent, tramways de buée bleue, chèques et cartes bleues… et les totems qui trônent, éclairés de flammes ou de cristaux, sur les boulevards ou les arcanes, jeu de rôle, chapiteaux. Une fête instituée, ma foi, bien arbitrairement, sur ce qui n’était au départ qu’un acte de foi. 

      Coup de sifflet, prêt, partez… vous connaissez assez pour que je ne m’étale pas sur le sujet. Et Noël, c’est aussi les veillées, les traditionnels contes de fée… Pour ne pas sacrifier à la tradition, voilà ce que je pose sur l’autel des historiettes: savez-vous d’où vient la tradition du sapin de Noël ?

Après tout, certes, on aurait pû plutôt songer au palmier ou aux cactées du désert aux alentours de Bethléem… certes, non, car il y a eu mélange des civilisations. Le sapin, voyez-vous, vient de la forêt noire, chez ces Barbares, là, là-bas, héritiers des Saxons et des Scandinaves. Au départ, pour les Celtes, à chaque cycle lunaire (composant le calendrier) était associé un arbre. Celui tombant dans la période du 24 décembre était l’épicéa, que l’on décorait avec des fruits et des fleurs pour fêter le solstice d’hiver. Au IVème siècle, l’Eglise, pour faire cesser cette pratique païenne, institue la date de naissance du Christ comme ayant eu lieu un 25 décembre. Mais l’arbre fut conservé, et de totem célébrant l’avènement de l’hiver il se mua en arbre christique.

Voilà pour la petite histoire, les enfants… 

(Et pour me mettre au ton germanique, un peu de musique, leitmotiv drapant les contours wagnériens… ton coeur le mien, églantine et chèvrefeuille, Tristan Iseult, la nuit, le lendemain… soupirs étouffés dans les angles du papier.)

Sur ce, joyeuse totemisation économique Joyeux Noël à tous !

De fil en aiguilleDecember 23, 2006 5:35 pm

Comme les filles parlant chiffons, dans le double sens de parler vêtements et de futilités, j’amène mon aiguille à broder sur ce sujet, bien mince, mais m’ayant marquée comme brûle le fer à repasser, j’ai nommé, la relation du texte avec le textile… le texte est tissu, les écrivains araignées, et ceci n’est qu’une petite métaphore filée pour rendre compte d’une bobine d’émerveillement, dont je suis toute esbaudie - du verbe s’esbaudir, dont on trouve la définition dans la première édition du dictionnaire de l’Académie Française, s’il vous plaît: S’esbaudir. v. n. p. Se resjoüir autant que fait un baudet qui se donne du plaisir en se frottant & se roulant dans un pré)… - 

En somme, nous sommes bêtes de somme, cherchant à trouver le rêve dans la réalité voilée du langage, transportant les fagots, les Bücher* déliés, sous la couverture du désir et du manque, passion acharnée, comme pourrait le décrire un Maurice Blanchot sur blanche page:

Je demeure persuadé que la passion de l’étymologie est liée à un certain naturalisme, comme à la recherche d’un secret originel que porterait un premier langage et dont la perte laisserait des indices de langue à langue, indices qui permettraient de le reconstituer.

Sur ces quelques paroles, je vais aller filer mes pupilles sur la toile de Blanche ou l’oubli, de mon Louis préféré, Aragon le bien-nommé.

* Aux non-germanistes comme moi, je précise que le mot veut dire livre au pluriel. Et si quelqu’un d’ailleurs pouvait me donner l’étymologie de ce mot allemand, il en sera remercié !

Toiles 4:47 pm

Ou comment démontrer que les études littéraires déteignent… la boucle est bouclée, certes, dans le champ littéraire, la bouche professe le gros mot de tautologie (B est égal à B, ou pour donner le nom, Barthes = Barthes) et… ah, regardez, je ne fais plus que parler par lettrines savantes, zélée que je suis à reproduire les paradoxes de Zénon d’Elée *…  et c’est là que l’on supplie, façon tragique: ô Dieux, faites que je ne m’enferme pas dans une poésie éléate, ou plutôt élitiste, cela sonnerait le coup de l’horreur, et du dramatique ! *

Il y a trace de poussière Dans la voix des feuilles Qui se méprisent qui se laissent Aller au deuil de leurs lèvres tâchées d’encre

Sur la tranche de leurs êtres campés de sang Et qui s’épanchent lentement

Dans la cadence interne de celui qui mange En marge des textes Gourmand sans pareil enlevant la poussière

D’une étoile d’un chef cuisinier un peu oublié Certes, qu’on se demande s’il y avait vraiment matière à raconter Mais dont on se délecte tel

Un débauché avec des vierges de papier.

 

*

 

La voix du poème initie, ronde jambe, le soulèvement d’une dentelle fine mais ancienne, problème qui, nous échappe, en même temps qui pèse sans qu’il n’y ait aucune utilité derrière, j’ai nommé la lecture du texte.

Ce problème est vicieux, et ce n’est certes pas pour rien qu’une figure de débauche s’est glissée là, étendant sa main lustrée d’expériences luxueuses sur ces petites perverses que sont les lignes des textes. J’exagère, mais, pensez: un texte disons "vierge" de tout regard - celui-là ô combien obscène !- sera soumis lors de sa défloration à une contemplation avec une série de florilèges, armes et fleurets que le lecteur dans sa besace existentielle aura déversés sur ledit texte, l’enrobant, le fardant le parant de mille faits qui feront éclore la pleine puissance du texte.

                   

* Pour en avoir une idée: http://www.lycee-international.com/travaux/HISTMATH/zenon/

* me rendant ainsi sceptique quand à ma capacité à réellement créer, par ailleurs.