Le silence est sur les pages, indicible, il se meut pourtant, pas à pas… langage des lèvres, un son muet, comme un film d’avant-guerre. Le coeur qui se serre. Pourquoi cette folie des émotions. Ce tourbillon des références, papillons, qui s’apprivoisent, sous la lèvre, la gorge, le coeur nu du corsage. Le texte se tisse. Ah fi donc de l’étymologie. On ne pourra donc jamais faire un texte qui se vaille, allant imperturbable, par mont et par val. Non, secoue la tête: ton poème n’a rien, que dalle, si l’on ose se mettre à l’argot, fourrure des faubourgs, là où il fait froid, dans l’âpreté des étoiles… que l’on ne regarde pas. Pour seuls violons, les grillons sur la colline. Temps mort, temps bas, tempo qui valse… les musiques d’un film, qu’est-ce que cela voudra dire, dans quelques ans, quelques siècles qui filent ?
On ne sait pas. Neige brouillée. On danse, on rit. Les foudres ont de ces éclats, les feuilles, aussi… et ton oeil qui se plisse. Poésie de comptoir ! se dit-on entre deux pupilles. On range les pupitres, les feutres, dans les coulisses. Voilà que tu m’étreins, tu m’étreins, sur le seuil qui glisse…
Miroir sans tain.
Le rêve s’en va chercher chemin dans la fumée des trains… Un silence règle la respiration de la vallée: aucun homme ce soir n’a parlé. Buée fraîche. Des bûches qui s’entassent dans la brume de la neige. Le cabaret a fermé. Les voyageurs de la pensée s’en sont allés, et puis, finalement, ont oublié… Un soupir d’halène, là-haut, dans la vallée… de l’âme humaine ?
… mais que vaut un point d’interrogation dans un poème.