Je me souviens d’une citation que j’avais déjà inscrite ici:  Écrire pour démontrer est ennuyeux, écrire pour se montrer est dérisoire : il faudrait n’écrire que pour dire. Claude Roy

Face à mes questionnements simplets du dire ou ne pas dire, ou plutôt, de cette force qui me pousse à dire, exerçant mes doigts sur cordelettes fines, je retrouve en écho ceci:

"Il faut parler : le silence en ces matières est ce qu’il y a de plus dangereux au monde. On devient dupe de tout. On est définitivement fait, bonard. Il faut d’abord parler, et à ce moment peu importe, dire n’importe quoi. Comme un départ au pied dans le jeu de rugby : foncer à travers les paroles, malgré les paroles, les entraîner avec soi, les bousculant, les défigurant.
Puis, ne plus dire n’importe quoi. Mais dire (et plutôt indirectement dire) : “homme, il faut être.

Et cependant faire attention que les paroles ne vous repoissent pas, qui vous attendent à chaque tournant. Pas trop d’illusion qu’on les domine. Un jeu d’abus réciproque, voilà pourquoi indirectement dire.

Francis Ponge

(trouvé sur le blog d’Astrid… une bonne raison de n’en pas finir… avec les mots, avec ce dire… Le mot de la fin de parenthèse sera pour Fuentes: "Plus que jamais, un livre et une bibliothèque nous murmurent : si nous ne disons plus le monde, nul ne nous donnera de nom. Si nous ne parlons plus, le silence imposera son obscure seigneurie".

Au tour des écrivains de se faire maître et servant de la page, en redite paradoxale. Bricoler le langage, sur quelques bricoles, pour enfin faire naître le partage, cette étoile que le silence dit nous donne.