L’expérience hors des lignes compte aussi. Celle où le fracas des étoiles remuant dans la tête n’aboutit qu’à de tristes zébrures noires sur le papier sec Alors que des torrents des rivières Tout un paysage en somme, un landscape, comme qui dirait par-delà la mer, se déploit et se déverse.
Hélas, pas de réverbère reflétant sur la page ces ombres et ces lumières. Le sanglot qui tinte comme la grêle - grève des pages, ou bien des plages… - un son qui tinte comme une étoile sèche Inapte à se métamorphoser en vers.
Mais l’expérience hors des lignes compte aussi… lignes de chemins de fer, où l’on ne sait faire prendre chair au texte de brume et de lierre. Inanimés, imbuvables, ces brouillons sur papier buvard et bavard Aspirant ces volutes de fumées venues au hasard
Des rails.
Et l’on se raille, en guise d’échappatoire, face à ce bavardage interne, où tout se noue, se vrille, se perd. Ah ah… étoiles noires, gorge qui se serre, comme si une pointe s’y mettait en travers.
De pointe à la ligne, il n’y a cependant point, juste un point d’agonie, quand la note frémit dans la couleur de la pensée, mais sort assourdie du gosier.
L’expérience enfin comme un univers où les mots drainent la poussière
Dépouillés de leur chair
Dépositaires du silence
Présent dans tout être Et tout texte
La vie en marge du vent Faisant frissonner les feuilles Où s’inscrivent les halènes
Par-delà les lignes par-delà les frontières
Qu’impose la langue et son flot d’univers
Une buée à la fenêtre.
(Les écrits s’envolent, les paroles restent, selon les Anciens Grecs)