La Cavatine -étoiles d’eau, odes aux étoiles-

InterlignesJune 24, 2007 10:02 am

"Je n’écris pas par désir, par habitude, par volonté, par métier. J’ai écrit pour survivre.

J’ai écrit parce que c’était la seule façon de parler en se taisant."

Pascal Quignard, Le nom sur le bout de la langue

De fil en aiguilleJune 23, 2007 6:26 pm

http://surmonchemin.blogspot.com/J’ai la critique amère, ou plutôt salée des larmes, face à mes idées, que je ne peux pourtant pas réfréner. Voyez:

*

A quoi serviront ces grabas, ces poussières, quand les lèvres de la terre auront tout englouti ?

Ce murmure, ce globe, cet infini

Donne bien raison à la Bible

Ironie, que tu as de belles gencives

Tu mords dans nos tissus à pleines dents

Et nos lèvres à nous se plissent

Méchamment.

Tristesse. Tristesse…

Tristesse, qui te dira ?

Toiles 9:33 am

Les lueurs bleues, comme incandescentes. On s’imagine des romans. On craint d’être fou. La vessie pèse lourd. Les bas-instincts se réveillent: écartement de la folie, qui provient comme chacun sait de l’esprit. Ce pétillement bleu, cette lueur alternative. La vie se recoupe dans le songe de ces esprits, flammes où ont brûlé certains vides, certains romans. Cette comparaison du feu et du liquide: ce sang qui noir remplit la nuit.

 

*

L’écrit s’impose comme une lèvre bleuie.

Au matin, au sortir du lit ou du livre, ces dernières rougissent. Se froissent, comme des tissus déjà usés, comme une étoile, avant de parler.

ToilesJune 20, 2007 12:27 pm

http://blabladuneblonde.canalblog.comMoi, je n’écris pour personne. Peu importe que le vent se lève. Moi… personne. Que de murmures dans le temps, filant, semant…

Le murmure du vent.

Se dressent unijambes les feuilles d’herbe: sur la plaine, point de peine, les grillons chantent. Avant que bien loin ne s’éloignent

Flammes, tombeaux, ampoules et puis torchères.

Personne ne comprend, n’entendra plus le grincement des temps, violons qui agacent, tempes sur hauts miroirs.

Toutes les odeurs de marquises, d’habits au vent, vol et bises, pelées, jetées au temps.

La machoire de celui-ci ressemble à celle du grillon:

mandibule du souvenir

Et les feuilles par le vent se plissent

ToilesJune 18, 2007 9:07 pm

Gorge qui roule. Oiseaux qui parlent. Palpitations et miroirs. Aucune unité dans ces fragments de phrases: il faut cependant y accorder l’image: celle de nos rêves, pointillés d’écarlate… écarts entre la bouche qui dort et l’oreille qui veille… Paupières racontant le sommeil.

Deux mondes brillent

Comme à l’ancienne…

Toute la beauté réside dans ce réel…

Et les mots n’en dévoilent qu’une pièce.

 

*

(pièce d’étoffe roulant aux pieds refroidis, pièce de nuit, ombre blanchie, scène de la vie)

ToilesJune 17, 2007 11:01 pm

Fantin-Latour, La chaise à la fenêtreJe me suis assise. J’ai bu le vide de toute chose. J’ai aspiré mon air. J’ai vécu, enfin, entre parenthèses. J’ai peint toute chose claire, sourcils sombres, d’ombres les sourires. Point de fuite vers la vie. La chaleur du rire; tout le silence qui résiste en lui; tout le vide, que je ne décrirai pas, que j’esquisserai, à la va-vite.  

Mon oeuvre est ma voix. Mon moi, paradoxal. Toute chose est vide de sa lourdeur…

Et mon coeur…

Et mon coeur s’est assis dans la boue

Pour contempler le soleil

Emergeant du ciel silencieux

La belle parole lointaine…

Toiles 5:55 pm

Je n’ai plus qu’à graver mes pieds. Ainsi foulerais-je de mes pas l’alphabet, la grammaire… esclave et maître. Ainsi tracerais-je le sillon, la sensation, un pied nu de soleil, une main qui frôle, sensuelle. Ainsi dirais-je, en ne comptant plus mes pieds, que le vers est foulé, que d’autres ont chanté; que l’espace entre la tête et le pied (trouvez-y toutes les images que vous voudrez) est retourné. Ainsi colle-t-on à la grammaire comme l’homme s’accole à sa maîtresse: innovations sur bases essentielles.

 

Sens du terre-à-terre

ToilesJune 16, 2007 11:02 pm

Les lèvres, la couleur. Un bruit secret. Tombant comme la pluie sur les tuiles. Nous, à l’abri, inspirant l’odeur de la phrase.

Et un regard, comme insomnie

La douceur des cinq doigts… goût humide. 

Jeu du pluriel singulier.

De fil en aiguille 10:23 pm

Bruit de papier, tri sélectif. Brouillons, retours aux souvenirs - lycée, année de prépa écoulée -, pensées à peine ébauchées dans la fleur de la musique écoutée - Esbjorn Svensson/ Nils Landgren pour curiosité -. Les rideaux semblent se moquer: l’air tourbillonne autour des papiers. C’est là que l’on se sent désespérément en vacances. Mélancoliquement parlant, ce fut beau, comme un ciel d’été nettoyé parfois par des orages, des nuées. Il faut parfois ce brouillard répété pour comprendre, et puis écrire, nous y voilà, sur papier. Même s’il faut à mon avis préférer l’esquisse. Profondeur dans cette surface, comme ces pensées qui affleurent, doucement, à la mémoire, à la vue de notes, timbres, lettres qui dépassent sur l’armoire. Soupir et éclats de rire dans le noir des années où je suis pour quelques lignes… couloirs, hantises, plaisir, m’y voici… Nous y voilà, où quand le pluriel de la pensée et du textile s’explicitent.

Interlignes 9:05 am

Artaud par Man ray(En exergue de cette année)

"Une espèce de déperdition constante du niveau normal de la réalité."

"Se retrouver dans un état d’extrême secousse, éclaicie d’irréalité, avec dans un coin de soi-même des morceaux du monde réel."

"Les titillations de l’intelligence et ce brusque renversement des parties. Les mots à mi-chemin de l’intelligence."

"L’inspiration à paliers.

Il ne faut pas trop laisser passer la littérature."

Antonin Artaud, Le Pèse-Nerfs