"En Grèce, la terre s’entr’ouvre sans cesse sur l’eau, l’eau est toujours prise dans la terre: chaque élément est là pour borner l’autre et le sertir.
[…] Délicatement cousu aux lignes de faîte, le ciel ne domine pas cet ensemble; il y est attaché et tient sa place dans l’ordonnance des autres prestiges. L’eau et l’air, immobiles et transparents entre les perspectives ascendantes composées par les montagnes, forment des lacs enchantés, suspendus, dans un rêve vivant, qui nourrit des présences aiguës. Bientôt, pour l’oeil occupé d’une vision de plus en plus subtile, il n’est plus ni mer ni ciel, mais une lumière, une substance fine qui parcourt un paradis tout à fait tangible.
C’est de cette manière exquise qu’a été faite pour beaucoup d’hommes la joie de vivre et de penser."
Pierre Drieu la Rochelle, Une femme à sa fenêtre
Décodage: j’ulysse pendant ces deux semaines de juillet en Crête.
Un texte qui a vrai dire se passe de commentaire…
De beaux éclats littéraires scintillent dans vos pages.
Comment by ExA — July 10, 2007 @ 12:34 pm
Han, la chance.
Comment by Klr — July 14, 2007 @ 3:45 pm
Drieu la Rochelle, encore un auteur que j’aimerais découvrir. Ton extrait n’y est pas insensible, bien évidemment :)
Bonnes vacances !
Comment by fantaisie héroïque — July 14, 2007 @ 9:12 pm
A fantaisie héroïque: le premier que j’ai lu de lui était son roman “Gilles” (bien à lire après Aurélien d’Aragon, d’ailleurs - ils étaient copains, à l’époque… -), mais il est assez long et peut décourager.
Sinon, “Le feu follet” est très bien, je trouve (Drieu s’inspirant du suicide de son ami Jacques Rigaut), bref, intense, avec quelques accents à la Bataille, si tu as déjà lu.
Bref, Drieu, c’est toute une époque, celle des jeunes titubants, désespérés, tentant de se raccrocher à un fil, à une page… d’où les dérives, parfois, que ce soit vers le communisme pour Aragon ou le fascisme pour Drieu…
J’espère t’avoir donné un peu plus envie de le lire, en tout cas : )
Comment by Cavatine — July 24, 2007 @ 10:21 am