AraignéesJuly 29, 2007 11:23 am
Un jour
nous nous arrêterons
comme un carrosse bleu ciel
au coeur de l’or
nous ne compterons pas
les chevaux noirs
plus d’addition à faire
plus rien
à distribuer
un bout de bois
dans la main
nous passerons
par le trou noir
du soleil
qui brûle
Miltos Sakhtouris, in Anthologie de la poésie grecque contemporaine
Cela donne envie de découvrir ce poète … merci Cavatine !
Comment by Sunny — August 3, 2007 @ 8:21 am
De rien… je laisse ici la notice que donne le traducteur, Michel Volkovitch, à son sujet:
Sakhtouris, Miltos (1919-). Poète à temps complet. Son oeuvre, l’une des plus admirée de ses cadets, est un cauchemar où la noirceur, la rudesse, le dépouillement des images finit par agir, étrangement, comme un exorcisme.
Treize recueils: L’oubliée (1945), Ballades (1948), Face au mur (1952), Quand je vous parle (1956), Les spectres ou La joie sur l’autre route (1958), La promenade (1961), Les stigmates (1962), Le sceau ou la huitième lune (1964), Le vase (1971), Blessures des couleurs (1980), Ectoplasmes (1986), Plongée (1990), Depuis lors (1996)
Comment by Cavatine — August 3, 2007 @ 9:29 am
Allez, un autre:
Le lièvre fou
Il s’en allait le lièvre fou
il s’en allait
passait les haies le lièvre fou
tombait dans la boue
l’aube luisait le lièvre fou
la nuit s’ouvrait
les coeurs saignaient le lièvre fou
le monde luisait
ses yeux s’embuaient le lièvre fou
sa langue enflait
et il pleurait insecte noir
la mort dans la bouche
in Les spectres ou La joie sur l’autre route
Comment by Cavatine — August 3, 2007 @ 9:32 am