"Voulez-vous supprimer le texte qui suit ?". "Oui". Sourire: mon texte se trouve contenu dans un clic de ma souris. Ou comme qui dirait dans le presse-papiers. Que de textes compressés en octets et autres octopus. Blogs et autres bogues: compression de la nature.

J’ai des piles de papier tâché par mes doigts, que je ne donnerai à-priori jamais à lire (sauf qui sait sous pression), et pourtant j’écris, avec cette conscience trouble de la possibilité incessante, cette conscience trouble de moi-même, cette ambidextrie naturelle de l’esprit. J’ai appris récemment à jouer aux échecs. Ni une science ni un art. A la frontière. J’aimerais parvenir à écrire comme sur un plateau d’échecs. Sa dose de logique, de structuration, de fantaisie et d’évanescence me fascine. Le plateau et la disposition des pièces s’oublieront vite, mais il y aura eu prise avec cette intelligence, futile, qui prépare aussi bien une attaque cavalière qu’une signature meurtrière. Dans le domaine des mots, il y aura prise entre le propre et le figuré, le sens sous-tendu, la structure engorgée des possibles, la vie en son sens tout futile: vraisemblable.

A en dire cela, j’en ai oublié mon texte qui a fait débuter ce texte. Rien à lier, vraisemblablement, entre les deux, quoique…

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Ne pas se laisser guider par les mots. Ne pas les laisser, tels des morts éparpillés, semer leurs cadavres sur nos écrans de papier. Ne pas se faire de cinéma: l’art est une définition de miroirs. Une tête qui palpite. Un murmure de cadavre.

Expliquez-moi ce mystère: pourquoi les étoiles vivent encore, même en poussière ?