Une paire de jours à Marciac pour voir trois trio de piano: jazz classique avec Cyrus Chesnut (remplaçant Hank Jones), rythmes africains avec Randy Weston et swing-reggae de Monty Alexander. Je n’étais pas fan(atique) de ces derniers comme je peux l’être d’un Brad Mehldau (vu au même festival l’an dernier), d’un Esbjorn Svensson Trio ou d’un John Zorn, mais leur plaisir de jouer se répercutait sur mon plaisir de public, ce qui est somme toute le plus important. On oublie vite dans ces cas-là les thèmes improvisés, la chaleur précise et magique du percutionniste africain, les araignées manuelles du contrebassiste, pour fixer dans son esprit la symbiose rythmique. Les battements de coeur, qu’ils soient palpitants de joie ou de blues, rejoignent la vie, et l’écoute qu’on a de celle-ci.
Mêmes instruments, mêmes décors… mais le coeur a ses raisons que l’oreille ignore. La mienne n’a pas accroché à Monty Alexander, même si le talent demeure (cela dit, n’aimant pas le reggae, ça n’est pas trop étonnant).
La musique est absence et présence. John Zorn passe vendredi dix août sous le chapiteau. Que ma joie demeure si je peux y être présente !
NB: la musique est absente de cette page, si le coeur vous en dit, écoutez ici.