Voilà l’idée. Etre à l’extérieur d’une salle de concert, le vent rapportant la rumeur de l’orchestre. Et parfois les voitures passent, éclaboussent la rue de lumière froide. Les passants, rares, redoublent l’obscurité de leurs manteaux, de leurs regards. La poésie des feuilles tombant sur l’asphalte est fabriquée. Voilà l’idée. Y a pas de billet pour le métro. Impossible de s’enfuir. Alors faut rester là, dans la course des syllabes. A côté le jardin public a éteint ses fontaines et ses oiseaux. Tout ou presque se niche dans la maison ou les branchages. C’est comme une marche du regard et de l’ouïe dans les rues aveugles, qu’on s’entraîne à écrire, en boitant, en mendiant, la réalité…