Une pièce spéciale me connaît depuis quelques temps (je n’ose dire toujours). Dans celle-ci, il y a du silence collé aux murs. Parfois, j’en arrache un pan, et n’entends même plus mon coeur battre.
Les mots que j’exprime alors s’étouffent, comme si emballés de soir, qui ne glisserait pas.
Ce n’est pas comme si Sourde j’étais devenue. Je sens juste l’enveloppe du silence. J’envoie parfois, comme au squash, des paroles, qui s’en vont rebondir sur le mur. Lestées de leur poids de silence, je peux les remettre dans ma poche (qui souvent se troue, tant certaines sont devenues lourdes; j’en ai le souvenir).
J’ai peur parfois que tout ce poids ne m’engloutisse. Alors je respire et songe à ces tip-tap, à cette musique, que font d’ordinaire les balles de paroles, les claquements de langues, les cris de sang ou de sexe; J’en pleure. Mais en silence. C’est la règle.
Je ne dirai pas comment je sors de cette pièce, car je ne le sais pas moi-même.
Nulle toile d’araignée dans la pièce du vide.
Comment by B. — April 18, 2008 @ 9:25 pm
on n’en sort pas de soi même,
un mot vous appelle du dehors,
un mot choisi, adressé, par une voix amie,
le silence ne se perd dans l’amitié,
il s’habille de sens.
Comment by David — April 19, 2008 @ 3:28 pm