Celui-ci sourd-muet, celui-là aveugle, et cet autre si vieux
peut-être tous les trois sentent-ils sur leur joue
le doux pelage de la nuit. Les garçons noctambules
s’amusent des tours de prestidigitation des étoiles. Toi,
tu as mis,
tes sandales de lin blanc, verdies par l’herbe,
pour sortir le chien. Quand tu tourneras au coin de la rue,
observe bien ce petit nuage réticent. Il te cache quelque
chose,
quelque chose, justement, qui sourit encore en toi d’une manière
inexplicable.
Un peu de naïveté
Jours calmes et peuplés d’arbres.
Elle te sied, cette petite brise autour de tes lèvres.
Elle te sied, cette fleur que tu regardes.
Ainsi, ce ne sont pas mensonges que la mer, le
coucher de soleil,
et cette barque qui vogue dans la roseraie du soir
et ayant uniquement à son bord
une fille à la guitare affligée.
Laisse-moi saisir les ramers
comme si je saisissais deux rayons pourpres oubliés.
Amer savoir
Reste, les bras croisés, dans cette pénombre protectrice.
Le gardien de nuit boiteux n’a plus de place où s’asseoir.
Les chaises,
voici deux semaines qu’on les a vendues. Dehors, dans la
cour,
on nettoie de gros tonneaux. De lourds remorqueurs mouillent
dans le port. A la maison d’en face,
on entend la voix du speaker de la radio. Je ne veux pas
entendre.
Moi, je ramasse sur la table les papillons brûlés de
la nuit, sachant seulement
que tout leur poids est dans leur légèreté.
Yannis Ritsos, traduction Gérard Pierrat
Il va decidement falloir que je lise Yannis Ritsos. Merci pour les extraits - et en esperant que tout se passe bien pour toi.
Amities,
S.
Comment by Mon — June 1, 2008 @ 2:53 am
Merci de tes passages, en tout cas. Je n’ai pas à me plaindre, de façon globale. Je me prépare aux oraux que je ne devrais normalement pas passer cette année -ce qui signifie que mes vacances sont le 21 juin, héhé, et que je compte aussi cuber, hum hum-.
A bientôt sur la toile :)
Comment by Cavatine — June 5, 2008 @ 1:31 pm