La Cavatine -étoiles d’eau, odes aux étoiles-

De fil en aiguilleFebruary 28, 2009 6:45 pm

Je reconnais… j’ai parfois de ces instincts cruels ou du moins jugés comme tels, caressé d’une griffe les vitres du temps. Posant ma joue froide contre les fenêtres, j’écoutais les plaintes défragmentées qui se faisaient entendre, par-delà le souvenir.

Ce discours, c’était mon cœur.

Raturé d’expressions, de mimiques et de compromissions…

Hélas, un petit vent frais, ô léger, léger,

Soufflant sur les métaphores et les langues arrachées

M’évitait de trop pleurer.

Je le reconnais. Je suis parfois optimiste, à tourner ma langue comme une toupie, en en faisant tinter ensemble les débris Contre le ciel vacillant D’organismes.

De fil en aiguille, ToilesFebruary 12, 2009 3:40 am

J’ai quelques poignées de souvenirs. Mais qu’en faire: des bijoux posés au coin du lit, un miroir noir et puis gris, des pigeons qui s’envolent, des meubles époussetés, des phrases des phrases à regarder

Comme une pupille de chat
Lentement se rétracte
Je bats mon coeur
Où se dénudent les joues incandescentes
Des synapses sans morale

Des jours durant

Ah et puis vivre

De silence blanc

AraignéesFebruary 11, 2009 1:47 pm

Peut-être te suis-je inutile,
Nuit; de l’abîme universel
Je suis sur ta rive jeté
Comme un coquillage sans perle

Ta vague indifférente bat,
Et tu chantes, inconciliable;
Mais tu aimeras, tu apprécieras
Le mensonge de l’inutile coquillage.

Tu vas revêtir ta chasuble,
T’étendre sur le sable auprès de lui,
Y nouer avec des liens indissolubles
La cloche énorme des roulis.

Et les parois du frêle coquillage,
Tu vas les emplir d’un murmure d’écume,
Comme la maison d’un coeur inhabité,
Et de vent, et de pluie, et de brume.

Ossip Mandelstam, traduction François Kérel