Un peu de matériel, pour y poser ma joue. Oublier les phrases et les lettres, et caresser ton cou, monde-cheval, trop sauvagement bien dressé
- et rendre, pourquoi pas, la liberté ? -
Je me cherche, en bout de ligne; et pour quoi faire ? demande la petite fille. Au lac la carpe baille, des petits points de soleil pigmentent l’eau, tâchent l’herbe, un livre se fait refermer, c’est l’été ou presque.
Présent miniaturisé. Un ressort de sécurité m’empêche de plonger tout à fait ma ligne pour attraper le passé.
La petite fille joue, des amoureux s’enlacent, le lecteur s’en va, et puis et puis voilà.
Forain, cœur, basilique, ciel bleu et fille triste, rions ensemble tous en rond sous l’arc de ma pupille, tirons à la carabine les cloches pour qu’un son un seul résonne bien profond au fond de la gorge, et que chante un oiseau, stupide branche, au passant émoustillé.
Il y a tant à voir, et tant à pardonner Au monde d’être si peu réel, si abandonné
A notre propre réalité
Trinquons ! me dit ce p’tit gars, et moi déjà je cours je file d’autres manèges pour manigancer un rendez-vous avec le ciel, celui d’il y a trois jours, sous lequel se sont mis à couvert tant de souvenirs.
Ah mais vraiment j’ai la tête qui tourne, vite un point fixe, please please, souffle le voyageur de jour, de nuit, face aux gaz étoilés des routes… si lointaines, si proches…
au coude à coude
…
La nuit transpire de mes idées, elle en a marre de vagabonder dans le lit des insomnies. Elle ne sait pas à quoi tout cela rime. Bientôt les cloches vont chanter, la lune pourra se rendormir à l’abri du soleil, l’on bâtira de nouvelles mythologies, exhumations organiques.
A quoi tout cela rime ? La lune semble avoir un rire bosselé Avant de disparaître
Nouvelle journée.