Très loin
Je voudrais évoquer cette mémoire; mais voilà, presque rien n’en reste; elle s’est effacée. Car elle gît très loin, au fond de mes premières années adolescentes.
Une peau, qui paraissait faite de jasmin… Août, cette soirée… Etait-ce en août ? Je me souviens à peine des yeux. Ils étaient bleus, je crois. Ah oui, d’un bleu de saphir.
Autant que possible
Si tu ne peux façonner ta vie comme tu le voudrais, tâche du moins de ne la point avilir par de trop nombreux contacts avec le monde, par trop de gesticulations et de paroles.
Ne la galvaude pas en la traînant de droite et de gauche, en l’exposant à la sottise journalière des relations humaines de la foule, de peur qu’elle ne se transforme ainsi en une étrangère importune.
Constantin Cavafy , traduction de Marguerite Yourcenar
(lu et traduit en anglais par Daniel Mendelsohn)