La Cavatine -étoiles d’eau, odes aux étoiles-

ToilesAugust 18, 2009 7:11 pm

Paupières lourdes. Contact
Contact répété
Du monde
Ces voitures qui roulent
Et puis se garent
La sueur des statues
Les regards fixes
Des passants
Qu’as-tu vu Qu’as-tu fait
Paupières lourdes.
Etait-ce un rêve ?

ToilesJuly 16, 2009 12:26 pm

Voix neuve. Vibrante encore un peu
De comparaisons. Le souvenir du cœur, adossé
Au rouge de la balançoire. Le côté
Herbeux de l’adolescence. Et cent autres
passages sous les portes, sous les yeux.
La répétition du sable contre la mer. Et ce goût
précis, du sel
Ce mot rond
d’universel.

ToilesMay 25, 2009 11:05 pm

C’était ma petite folie quotidienne
Un sac de mots à empiler tout bas.

Et à répéter sans cesse, sans cesse
Jusqu’à ce que le silence soit là.

Mais parler à l’instant fait mal;
L’on veut à tout prix y caser
Les déchets en fleur de la mémoire.

C’était ma petite folie quotidienne
Un sac de mots à empiler tout bas.

Et à répéter sans cesse, sans cesse,
Jusqu’au fragment final.

Mais parler à présent fait mal.
L’on veut à tout prix éviter
Les sachets en fleur de la mémoire.

C’était ma petite folie quotidienne
Un sac de mots à empiler tout bas

ToilesMay 24, 2009 12:28 pm

Parfois
l’impression
que le cœur
et la nuit avec
explose

Mais qu’au-delà
Qu’au-delà rien
Qu’un peu de nuée
A enrubanner
De rêve
Et d’yeux chassieux

pour faire semblant
d’avoir dormi
Ou mieux
Avoir vécu
sa vie

En surnagent
les impressions
remuant allègres;
le fond d’alcool
du premier verre:
Or et sueur;
Avidité liquoreuse
d’une étoile
Une étoile !
et que dire
sinon qu’elle file:
Deux battements;

Parfois
ou bien
déjà
l’explosion.  

ToilesMay 7, 2009 2:58 pm

La nuit se couvre
Voyons.
Prends ton manteau
Doublé de souvenirs.
Erre un peu, tel un point fixe
Dans leur orbite.
La lune se souvient, elle,
Des gorges chaudes
Et de leurs appels
Rauques.
Tiens, une gouttière.
Et c’est un peu comme si se
Déversait
La matière même
De ta poéticité.
Comme un chien, comme un lâche
Tu mets en pièces les poches
De ta mémoire
Pour que l’intérieur prenne
Le goût
De la pluie, du vent;
Un doux tabac
A priser
Sur les voies de l’incertitude
Et de la nécessité

Sans rien y comprendre
La brise se lève.
Un feu comme une centaine
De loups te caresse.

De fil en aiguille, ToilesMarch 5, 2009 9:10 pm

Forain, cœur, basilique, ciel bleu et fille triste, rions ensemble tous en rond sous l’arc de ma pupille, tirons à la carabine les cloches pour qu’un son un seul résonne bien profond au fond de la gorge, et que chante un oiseau, stupide branche, au passant émoustillé.
Il y a tant à voir, et tant à pardonner Au monde d’être si peu réel, si abandonné
A notre propre réalité
Trinquons ! me dit ce p’tit gars, et moi déjà je cours je file d’autres manèges pour manigancer un rendez-vous avec le ciel, celui d’il y a trois jours, sous lequel se sont mis à couvert tant de souvenirs.
Ah mais vraiment j’ai la tête qui tourne, vite un point fixe, please please, souffle le voyageur de jour, de nuit, face aux gaz étoilés des routes… si lointaines, si proches…
au coude à coude

 

La nuit transpire de mes idées, elle en a marre de vagabonder dans le lit des insomnies. Elle ne sait pas à quoi tout cela rime. Bientôt les cloches vont chanter, la lune pourra se rendormir à l’abri du soleil, l’on bâtira de nouvelles mythologies, exhumations organiques.

A quoi tout cela rime ? La lune semble avoir un rire bosselé Avant de disparaître
Nouvelle journée.

ToilesMarch 1, 2009 6:33 pm

Face au carré blanc
Pas d’équation
Seules,
Les lignes pures
Du mur
Contre l’obscurité
S’éventent
De souvenirs
Collantes au cou
Cette fenêtre poisseuse
De l’âme.
Carré noir
Des origines.

De fil en aiguille, ToilesFebruary 12, 2009 3:40 am

J’ai quelques poignées de souvenirs. Mais qu’en faire: des bijoux posés au coin du lit, un miroir noir et puis gris, des pigeons qui s’envolent, des meubles époussetés, des phrases des phrases à regarder

Comme une pupille de chat
Lentement se rétracte
Je bats mon coeur
Où se dénudent les joues incandescentes
Des synapses sans morale

Des jours durant

Ah et puis vivre

De silence blanc

ToilesMay 14, 2008 2:13 pm

Il faudrait se jouer Du temps cyclopéen Le lancer comme une balle Sans trop se faire de mal Le rebondir et le grossir D’images Et crever, parfois, sa pupille d’eau noire

De fil en aiguille, ToilesApril 18, 2008 11:58 am

Une pièce spéciale me connaît depuis quelques temps (je n’ose dire toujours). Dans celle-ci, il y a du silence collé aux murs. Parfois, j’en arrache un pan, et n’entends même plus mon coeur battre.

Les mots que j’exprime alors s’étouffent, comme si emballés de soir, qui ne glisserait pas.
Ce n’est pas comme si Sourde j’étais devenue. Je sens juste l’enveloppe du silence. J’envoie parfois, comme au squash, des paroles, qui s’en vont rebondir sur le mur. Lestées de leur poids de silence, je peux les remettre dans ma poche (qui souvent se troue, tant certaines sont devenues lourdes; j’en ai le souvenir).

J’ai peur parfois que tout ce poids ne m’engloutisse. Alors je respire et songe à ces tip-tap, à cette musique, que font d’ordinaire les balles de paroles, les claquements de langues, les cris de sang ou de sexe; J’en pleure. Mais en silence. C’est la règle.

 

Je ne dirai pas comment je sors de cette pièce, car je ne le sais pas moi-même.

ToilesApril 15, 2008 11:18 am

Je veux m’asseoir,
Ecrire
Les fibres plastiques
Et la dure
Lumière
D’entres les rimes

Taper du pied
Les nuages
Voir s’envoler
Les cris du marbre
Sous les griffes
des pigeons.

Entendre les veines
De la musique
Qui ne se dit pas

Je veux m’asseoir,
Ecrire
Les i durs du
soupir.

ToilesMarch 25, 2008 8:00 am

D’images fortes, la phrase n’en distingue pas. Elle erre entre les dents, tâchées, du passant. Sur le ciel sa tête se tourne, se penche, et puis il voit les fourmis s’écraser, dans l’herbe. Comme son sanglot, qu’on tâche vaguement de représenter, par l’image de mélancolie. Sa phrase n’est qu’un chant, mon dieu, quel soupir. Il n’y a plus de majuscules à la rêverie.

ToilesFebruary 25, 2008 1:30 pm

Les yeux fermés, il ouvre ses doigts vers le noir, les transforme en griffes, en appâts. Il tente d’arracher des morceaux d’obscurité sur le crâne du sommeil. Mais seules de minces pellicules restent entre ses ongles. Ouvrant les yeux, le gris l’envahit de ses dégradés; tout est bloc déformé. Il baisse les paupières, tapote la couverture, sent que son corps réchauffe le lit. Dans celui-ci, il flotte vers la tempête des ombres, les murs scellés par ses cils. Et déjà ses yeux s’ouvrent sur d’autres couleurs, nées du sable et de la nuit.

ToilesFebruary 24, 2008 6:04 pm

Pierre Bonnard, L'omnibus Panthéon-CourcellesClip Clap Clop. Les chevaux sous la pluie. Ton sourire. Les petits-fils d’écuyers sous le bistro, la barbe échevelée, les oreilles sales de trop de jazz. Clic Clac. La photo a ses charmes, pressant mon regard, immobilisant colombes, colonnes, cascades. Clip clap. La fontaine au centre-ville est bondée de pigeons et d’enfants. Elle semble triste, mais ce ne sont que des souvenirs. Les rues pavées ont oublié le pas des chevaux, la pluie a noyé le crottin, de nouvelles fleurs ont germé. Pataclop, ma mémoire est comme un jeune enfant retombant cul mouillé. Le pavé et les hirondelles ont vu le printemps, les scandales, les pluies effaçant tout. Même les larmes. Il n’y a plus que quelques photos pour voir. Le mélange des pluies

ToilesFebruary 18, 2008 4:28 pm

Claude Monet, Mer à PourvilleUn petit grain de sel que tu lèches. Une fleur de mer. Tu t’en pourlèches, le tourne sur ta langue et tes dents. Parfois tu te rappelles, l’océan sous un parasol, les vendeurs à la criée, sa jupe qui caracolait, les fruits de mer pas frais, le soupir de la rentrée, tu te rappelles que tu te souvenais  que tout passait, comme l’écume sur la mer. Qu’il fallait se méfier des métaphores filées, des étoiles de mer.

A force d’être retourné, le grain s’est dissous. Des cristaux sur les papilles. A vous, les souvenirs. Sur toutes les tables, cristallisés. Sous d’autres cieux, redoublés.

ToilesNovember 10, 2007 5:34 pm

Alors j’ai trouvé cette façon lapidaire, comme une pierre que l’on jette, pour faire des ricochets. Dans l’oeil saugrenu du soleil.

Belle journée pour qui reste enfermé.

ToilesNovember 1, 2007 12:07 pm

"…écouter la tragédie ou l’opéra, mais dans la baignoire de la princesse de Guermantes." 

Marcel Proust, Le côté de Guermantes.

 

La rainure des ongles. Le poids de l’eau. Et ces fines ridules qui courent quand les deux se mélangent. La main est comme absente. Elle se vide, se dévide, tombe en épluchures, n’est plus que paluche.

Grotesque. A en pleurer.

ToilesOctober 31, 2007 6:55 pm

Et puis là-haut le néon, l’âme au fer blanc. La seule feuille de papier qui glissera dans le vent du radiateur. Calorifère.

Je suis lourde de "faire", à toute vapeur. Culot de l’ampoule, calot de la grammaire.

Les lettres comme calories de notre affaire.

Sublimation, l’on a pas le droit de se noyer, homme d’au moins soixante-dix pour cent d’eau composé.

ToilesAugust 20, 2007 10:27 pm

Si je n’écris que pour décrire une main qui se pose, en faisant rouler les signes dans ses doigts comme des colliers, des jeux de billes, je ne ferais que vivre sous parenthèse. Il faut donc que j’argumente mes mots, que je décrive un souffle dans les lèvres, et que des idées s’entrechoquent et fassent résonner leur bruit, pour que je puisse vivre. C’est-à-dire repasser les images, froissées par tant d’autres, pour le compas dans l’oeil, l’équerre dans la main, forger de nouvelles demeures, dans lesquelles les personnes s’engouffrent et se perdent, les sentant parfois à même leur peau.

Comme une conclusion, maladroite et faible: je veux un tissu de rêve et d’équerre.

ToilesAugust 14, 2007 5:00 pm

J’écris parce que je n’ai rien à dire au vent, aux nuages. Eux vivent dans l’éternel bruit, aux multiples branches, aux multiples étoiles. J’écris parce que le pourquoi du silence m’envahit, et que la différence entre celui-ci et le bruit me laisse pantelante. J’écris comme un écho de moi-même, le nuage en plus, l’étoile, peut-être.

ToilesAugust 13, 2007 3:59 pm

On écrit, on écrit, on écrit. Plus souvent avec le "je" qu’avec le "on" si poli. On projette ses noyaux d’infortune par delà les berges (rive gauche, ou bien rive droite, selon la page), et on. On ponctue. Evènements anodins. Groupuscules qui s’allument, sur un clocher ou sur the Word Trade Center. Car le mot est monde. Un atome reste un atome, même chair ensanglantée. On passe, on revient, à d’autres lignes, rapportant d’autres vies.

On virgule, et au final, on se répète. On arbore les mots jolis comme des plumes de perroquet, même si l’on pense penser, contrairement à lui.

Et l’on tourne en rond, comme une bille jolie, comme un poème circonscrit. C’est la troisième personne - le texte - qui vous le dit.   

ToilesAugust 9, 2007 8:03 pm

On rêverait parfois de laisser styles ronflants, richesses ventripotentes et autres tropes trompeurs pour parler, réellement. On y rêve, comme une des branches du possible, et comme on rêve sa vie, dans le sang, le chagrin, la beauté et le soupir.

Une vie sacrée où tout serait bafoué, comme dans les rêves, avant que l’on s’éveille,

et qui assène

Dieu est un rêve.

ToilesAugust 8, 2007 3:38 pm

Et si l’amour n’était
- qu’un coeur habitant une autre poitrine ?

- N’était que ? C’est un parfum du monde que l’on habite. Coeurs, tous les reflets sont à votre portée.

- … et il n’y a que le silence pour vous, pour
te nommer.

De fil en aiguille, ToilesAugust 1, 2007 7:04 pm

"Voulez-vous supprimer le texte qui suit ?". "Oui". Sourire: mon texte se trouve contenu dans un clic de ma souris. Ou comme qui dirait dans le presse-papiers. Que de textes compressés en octets et autres octopus. Blogs et autres bogues: compression de la nature.

J’ai des piles de papier tâché par mes doigts, que je ne donnerai à-priori jamais à lire (sauf qui sait sous pression), et pourtant j’écris, avec cette conscience trouble de la possibilité incessante, cette conscience trouble de moi-même, cette ambidextrie naturelle de l’esprit. J’ai appris récemment à jouer aux échecs. Ni une science ni un art. A la frontière. J’aimerais parvenir à écrire comme sur un plateau d’échecs. Sa dose de logique, de structuration, de fantaisie et d’évanescence me fascine. Le plateau et la disposition des pièces s’oublieront vite, mais il y aura eu prise avec cette intelligence, futile, qui prépare aussi bien une attaque cavalière qu’une signature meurtrière. Dans le domaine des mots, il y aura prise entre le propre et le figuré, le sens sous-tendu, la structure engorgée des possibles, la vie en son sens tout futile: vraisemblable.

A en dire cela, j’en ai oublié mon texte qui a fait débuter ce texte. Rien à lier, vraisemblablement, entre les deux, quoique…

*  

Ne pas se laisser guider par les mots. Ne pas les laisser, tels des morts éparpillés, semer leurs cadavres sur nos écrans de papier. Ne pas se faire de cinéma: l’art est une définition de miroirs. Une tête qui palpite. Un murmure de cadavre.

Expliquez-moi ce mystère: pourquoi les étoiles vivent encore, même en poussière ?

ToilesJuly 29, 2007 11:05 pm

Qui nous dira
Pourquoi écrire

Les lèvres de pluie
Sont comme un émoi

Cristal noir
De l’alchimie muette

Les mots
Des jongleurs tristes
N’atteignent que les étoiles
Sans toucher le ciel
Fond du miroir

Etc etc

Qui dira
La suite
De nos angoisses

Toiles 3:06 pm

http://surmonchemin.blogspot.com/J’ai dormi, j’ai joué, j’ai rêvé.

Je n’ai aucun message à délivrer.

 

 

ToilesJune 23, 2007 9:33 am

Les lueurs bleues, comme incandescentes. On s’imagine des romans. On craint d’être fou. La vessie pèse lourd. Les bas-instincts se réveillent: écartement de la folie, qui provient comme chacun sait de l’esprit. Ce pétillement bleu, cette lueur alternative. La vie se recoupe dans le songe de ces esprits, flammes où ont brûlé certains vides, certains romans. Cette comparaison du feu et du liquide: ce sang qui noir remplit la nuit.

 

*

L’écrit s’impose comme une lèvre bleuie.

Au matin, au sortir du lit ou du livre, ces dernières rougissent. Se froissent, comme des tissus déjà usés, comme une étoile, avant de parler.

ToilesJune 20, 2007 12:27 pm

http://blabladuneblonde.canalblog.comMoi, je n’écris pour personne. Peu importe que le vent se lève. Moi… personne. Que de murmures dans le temps, filant, semant…

Le murmure du vent.

Se dressent unijambes les feuilles d’herbe: sur la plaine, point de peine, les grillons chantent. Avant que bien loin ne s’éloignent

Flammes, tombeaux, ampoules et puis torchères.

Personne ne comprend, n’entendra plus le grincement des temps, violons qui agacent, tempes sur hauts miroirs.

Toutes les odeurs de marquises, d’habits au vent, vol et bises, pelées, jetées au temps.

La machoire de celui-ci ressemble à celle du grillon:

mandibule du souvenir

Et les feuilles par le vent se plissent

ToilesJune 18, 2007 9:07 pm

Gorge qui roule. Oiseaux qui parlent. Palpitations et miroirs. Aucune unité dans ces fragments de phrases: il faut cependant y accorder l’image: celle de nos rêves, pointillés d’écarlate… écarts entre la bouche qui dort et l’oreille qui veille… Paupières racontant le sommeil.

Deux mondes brillent

Comme à l’ancienne…

Toute la beauté réside dans ce réel…

Et les mots n’en dévoilent qu’une pièce.

 

*

(pièce d’étoffe roulant aux pieds refroidis, pièce de nuit, ombre blanchie, scène de la vie)

ToilesJune 17, 2007 11:01 pm

Fantin-Latour, La chaise à la fenêtreJe me suis assise. J’ai bu le vide de toute chose. J’ai aspiré mon air. J’ai vécu, enfin, entre parenthèses. J’ai peint toute chose claire, sourcils sombres, d’ombres les sourires. Point de fuite vers la vie. La chaleur du rire; tout le silence qui résiste en lui; tout le vide, que je ne décrirai pas, que j’esquisserai, à la va-vite.  

Mon oeuvre est ma voix. Mon moi, paradoxal. Toute chose est vide de sa lourdeur…

Et mon coeur…

Et mon coeur s’est assis dans la boue

Pour contempler le soleil

Emergeant du ciel silencieux

La belle parole lointaine…